La France emprunte à son taux le plus haut depuis 2008
Le 31 août 2026, la France emprunte à dix ans à 4,114 %. Il faut remonter au 6 novembre 2008 pour trouver une séance plus chère. Ce taux ne mesure pourtant pas la défiance envers la France : à la fin du mois d'août, la prime payée en plus de l'Allemagne en fait moins d'un quart, le reste est un coût commun à toute la zone euro.
Un taux à 4,114 %, jamais vu depuis novembre 2008
Le lundi 31 août 2026, la France emprunte à dix ans à 4,114 %. Ce chiffre est le TEC 10, le taux de l'échéance constante à dix ans, aussi appelée maturité constante, que la Banque de France publie chaque jour de cotation. Il faut remonter au 6 novembre 2008, séance à 4,270 %, pour trouver un taux français plus élevé.
Le niveau n'est pas un pic d'un jour. Depuis le 7 novembre 2008, le taux français n'est repassé à 4 % ou au-dessus que sur 23 séances. Les onze dernières se suivent, du 17 au 31 août 2026.
Ce taux ne mesure pas pour autant la défiance des marchés envers la France. Il se partage en deux parts : le coût commun à toute la zone euro et la prime que la France paie en plus de l'Allemagne, appelée spread. Un point de base vaut un centième de point de pourcentage, soit 0,01 %.
À la fin du mois d'août 2026, cette prime tient entre 75 et 82 points de base selon la construction retenue, contre 72 au 1er juillet. Deux séries allemandes également recevables existent pour la calculer, toutes deux publiées par la Bundesbank. Les primes citées ici sont calculées sur sa courbe à maturité constante à dix ans. Sa seconde mesure, le rendement des emprunts publics de neuf à dix ans, sert de contrôle à chaque niveau publié. Dans les deux cas, la prime est la plus petite des deux parts du taux.
L'Allemagne sert de référence pour une raison simple. Le Bund, le titre de dette allemand, est le repère sans risque de la zone euro, l'emprunteur que les marchés jugent le plus sûr. Le spread d'un pays, c'est son écart de rendement avec le Bund de même échéance.
Deux briques dans le taux français
Le taux payé par la France se décompose en deux parties. Les confondre fausse toute la lecture.
La première est le niveau général des taux de la zone euro, piloté par la Banque centrale européenne (BCE) et par les taux mondiaux. C'est lui qui explique que le Bund allemand soit passé d'un rendement négatif en 2020 à plus de 3 % en 2026. La France le subit comme tous les émetteurs de la zone.
La seconde est le spread, la prime propre à la France. Elle rémunère le risque spécifiquement français : trajectoire budgétaire, instabilité politique, notes dégradées.
Au 31 août 2026, sur les 4,114 % payés par la France, 3,33 points sont du coût commun et 0,78 point, soit 78,4 points de base, la prime française. La seconde série allemande donne 3,36 points de coût commun et 75,4 points de base de prime : les deux constructions s'écartent de 3 points de base, l'écart ordinaire entre elles.
OAT France, 10 ans
4,114 %
Spread OAT-Bund
Prime française
Bund 10 ans
Composante zone euro et mondiale
Décomposition du taux français à 10 ans, 31 août 2026
La part commune à la zone euro (le Bund) fait plus des trois quarts du taux, la prime française en fait moins d’un quart.
*Deux relevés du même jour, au 31 août 2026, date d’ancrage de l’article. L’OAT France (Banque de France, TEC 10) et le Bund allemand (Deutsche Bundesbank, courbe à maturité constante à dix ans) sont chacun publiés par leur banque centrale ; aucun n’est déduit de l’autre. Sur la seconde construction allemande que l’article utilise en contrôle de robustesse, les emprunts publics de neuf à dix ans de durée résiduelle, le Bund vaut 3,36 % et la prime française 0,754 point, à 3,0 points de base de la mesure retenue ici.
Sources : Banque de France (TEC 10) · Deutsche Bundesbank, 31 août 2026
Les deux taux sont relevés chacun pour lui-même, à la même date, aucun n'étant reconstitué par soustraction. La composante commune fait plus des trois quarts du taux, la prime moins d'un quart : la brique de la défiance française est la plus petite des deux.
Le partage compte d'abord pour lire la hausse de l'été. Le taux français passe de 3,650 % le 1er juillet 2026 à 4,114 % le 31 août. L'essentiel vient de la remontée du taux allemand, la prime n'en ajoutant qu'une part minoritaire. La BCE, elle, n'a pas bougé : son principal taux directeur est fixé à 2,40 % depuis le 17 juin 2026. Son conseil des gouverneurs ne s'est pas réuni en août.
Le même partage vaut sur longue période. En moyenne sur 2021, le taux français à dix ans était encore proche de zéro. Au 1er juillet 2026, point de départ de la hausse de l'été, il atteint 3,65 %. Le rendement allemand, négatif sur toutes les séances de 2021, porte à lui seul 89 % de la hausse depuis 2021, la prime française les 11 % restants. Présenter le taux payé comme le prix de la défiance envers la France serait donc un contresens : la défiance se lit dans le spread, pas dans le taux total.
La dissolution de 2024, point de bascule de la prime
La prime française n'a pas toujours été à ce niveau. Pendant les années 2010, hors la crise des dettes souveraines et sa sortie, de 2011 à 2013, le spread oscillait entre 23 et 42 points de base en moyenne annuelle. Il porte sur l'OAT, l'obligation assimilable du Trésor, le nom des emprunts à moyen et long terme de l'État français.
Le point de bascule est daté. Le 9 juin 2024, la dissolution de l'Assemblée nationale ouvre une phase d'incertitude politique. Depuis le début de l'année, le spread tournait autour de 50 points de base. Trois semaines plus tard, il atteint 77 points. Il touche 85 points fin novembre 2024, pendant la crise budgétaire. Ces deux niveaux sont ceux de la courbe allemande à maturité constante : sur cette mesure, ils n'avaient plus été atteints depuis avril 2017 et juillet 2012.
Spread OAT-Bund à 10 ans, moyennes annuelles 2010-2026
Écart de taux à 10 ans entre la France et l’Allemagne, en points de base. Vers le haut : la France paie plus cher que l’Allemagne. Dans les semaines qui ont suivi la dissolution du 9 juin 2024, le spread a atteint 77 pb. Il touche 85 pb fin novembre 2024, en pleine crise budgétaire. Sur la mesure retenue ici, ces deux niveaux n’avaient plus été atteints depuis avril 2017 et juillet 2012.
*Chaque repère annuel est une moyenne des spreads quotidiens, reconstruite sur 4 228 séances appariées du 1er janvier 2010 au 31 août 2026, entre le TEC 10 français et le rendement à 10 ans de la Bundesbank, sans interpolation. Le pic intra-annuel 2011-2012 (145 à 173 pb) est un repère de crise, distinct de ces moyennes. Chaque point est une moyenne annuelle, 68 points de base pour 2026 du 2 janvier au 31 août, quand la prime de la fin août tient entre 75 et 82 points selon la construction retenue.
Sources : Banque de France (TEC 10) · Deutsche Bundesbank, séries quotidiennes appariées
Cette hausse reste d'une autre nature qu'une crise. Lors de la crise des dettes souveraines de 2011 et 2012, le spread français avait atteint 145 à 173 points de base. Chaque point du graphe est une moyenne annuelle : celui de 2026 vaut 68 points de base, du 2 janvier au 31 août. C'est un écartement de prime, pas une crise de financement.
La moyenne annuelle lisse ce qui bouge dans l'année, quand un spread se réévalue à chaque séance. Vu jour par jour, du 2 janvier 2024 au 31 août 2026, le mouvement change d'allure. La prime touche son plus bas en mars 2024, autour de 40 à 45 points de base sur la mesure retenue, avant de monter à 85 points fin novembre 2024, niveau retrouvé début janvier 2025. Les deux séries allemandes s'accordent sur ces périodes, pas sur ces niveaux : la seconde place ce creux et ce sommet plus bas.
Taux français à dix ans et spread France Allemagne, séance par séance, du 2 janvier 2024 au 31 août 2026
676 séances cotées des deux côtés, une valeur par séance et par courbe. Le panneau du haut donne le taux payé par la France, celui du bas la part de ce taux qui la sépare de l’Allemagne. Le survol d’une séance en affiche la valeur.
4 séances cotées à Paris ne sont pas publiées par la Bundesbank : elles sont absentes de la série, aucune valeur interpolée ni reportée. Le repère vertical est posé sur la première séance cotée après l’annonce de la dissolution, le lundi 10 juin 2024. Le graphe s’arrête au 31 août 2026, date d’ancrage de la mise à jour de l’article.
Les séances des 27 et 28 août 2026 ne sont pas corroborées par la seconde mesure allemande : la note de méthode du bloc Sources de l’article, en pied de page, expose ce point.
Sources : Banque de France (TEC 10) · Deutsche Bundesbank, séries quotidiennes appariées
Les deux panneaux ne culminent pas au même moment. Le taux atteint son sommet à la fin août 2026, la prime le sien fin 2024 et début 2025. Le 27 novembre 2024, la France empruntait à 3,020 %, bien en dessous de son niveau de la fin août 2026. Sa prime était pourtant plus élevée, sur les deux séries allemandes. Deux séances font exception, les 27 et 28 août, où les deux mesures divergent : la seconde note de méthode en pied d'article les expose. Le moment où le marché a facturé le plus cher le risque français n'est donc pas celui où la France a payé le taux le plus élevé.
Le panneau du bas fait aussi apparaître des marches. Celle du 13 au 14 juin 2024, dans la semaine qui suit la dissolution, donne le mécanisme : la prime y gagne une dizaine de points de base parce que le taux allemand recule d'une quinzaine de points quand le taux français n'en perd que 4. L'écart se creuse par le bas, sans que la France emprunte plus cher.
La bascule se lit aussi sur les moyennes annuelles. De 2020 à 2023, la France emprunte à dix ans sous la moyenne de la zone euro, chacune des quatre années. En 2024, année de la dissolution, elle repasse au-dessus : 2,97 % contre 2,92 % (Eurostat). L'écart se creuse en 2025, à 0,26 point. Cette moyenne européenne porte sur un ensemble de pays qui a changé au fil du temps : le renversement de 2024 se lit dans son ordre de grandeur, pas au centième de point près.
Le paradoxe de la note
Une note souveraine est l'opinion d'une agence sur la capacité d'un État à rembourser sa dette. Trois agences dominent : S&P, Moody's et Fitch. Chacune classe les emprunteurs sur une échelle de lettres. Cette échelle et les prix payés sur le marché ne disent pas la même chose.
Au 31 août 2026, la France paie 78,4 points de base de plus que l'Allemagne, l'Espagne 40,4 et le Portugal 34,0. Sur la seconde série allemande, la prime française vaut 75,4 points de base. Les trois pays sont pourtant au même barreau chez S&P, A+ : la France partage sa note avec deux pays qui paient environ deux fois moins qu'elle.
Même note, deux fois plus cher
Notation souveraine S&P et spread à 10 ans contre l’Allemagne, panel de pays de l’OCDE, 31 août 2026
Pays-Bas · Suisse · Canada · Suède
États-Unis · Irlande · Finlande
Royaume-Uni · Corée du Sud
Belgique · Rép. tchèque
Japon
Chili
Pologne
Grèce · Mexique
Hongrie
Au 31 août 2026, la France partage l’échelon A+ avec l’Espagne et le Portugal, pour des spreads de 78,4, 40,4 et 34,0 points de base. Le barreau BBB+ reste visible et vide : l’Italie n’y porte aucune barre parce que sa banque centrale, la Banca d’Italia, n’a publié aucune séance d’août 2026 dans cette série, dernière valeur au 31 juillet 2026. Autour de la France, un large peloton de pays de l’OCDE reste mieux noté : en zone euro, l’Allemagne et les Pays-Bas tiennent encore la note maximale AAA. Les autres pays du panel, hors zone euro ou dont le spread n’est pas comparable ici, sont positionnés à titre de repère, en gris, sans barre.
Les trois écarts sont mesurés sur la même jambe allemande, la courbe à maturité constante à dix ans de la Deutsche Bundesbank, mesure retenue ici. Sur la seconde construction allemande, les emprunts publics de neuf à dix ans de durée résiduelle, la même séance du 31 août 2026 donne une prime française de 75,4 points de base, à 3 points de base de la première.
Sources : S&P Global Ratings (notes) · Banque de France, Deutsche Bundesbank, Banco de España, Banco de Portugal (taux), 31 août 2026
L'Italie manque à ce tableau. Ce n'est pas un choix : la Banca d'Italia n'a servi aucune séance depuis le 31 juillet 2026, sa série quotidienne est gelée. Elle a pourtant publié ses indices mensuels d'août, le gel ne touchant que cette série. La comparaison avec elle se lit donc à cette date, la dernière où les deux pays sont mesurés le même jour. Au 31 juillet 2026, la France payait 72,0 points de base contre 79,1 à l'Italie, un pays noté BBB+ chez S&P et Fitch, trois crans sous elle. Un mois plus tôt, 2,4 points seulement les séparaient : ce coude à coude était une propriété de séance, pas un état du marché. C'est la raison pour laquelle il ne porte plus le titre de cet article. La prime française a monté depuis, de 6,4 points de base sur la mesure retenue et de 3,4 sur la seconde série allemande. Personne ne sait ce qu'a fait l'italienne sur la même période, faute de publication. Le prix de marché et la hiérarchie des notes ont cessé d'aller de pair pour la France.
Ces écarts sont calculés sur les taux à maturité constante à dix ans que publie chaque banque centrale, avec la même jambe allemande pour tous. Le rapport de mission de juillet 2026 retient une autre base, les titres de référence en cours d'émission, et arrête ses chiffres au 1er juillet 2026 : à cette date, ses écarts ressortent 5 à 9 points plus élevés.
Ce décalage entre les notes et les prix résulte de deux mouvements de sens opposés. D'un côté, la France a été abaissée quatre fois en dix-huit mois : S&P à AA- en mai 2024, Moody's à Aa3 en décembre 2024, Fitch à A+ en septembre 2025, S&P à A+ en octobre 2025. S'y ajoute une perspective négative de Moody's le même mois, qui n'est pas un abaissement : une perspective annonce un mouvement possible, elle ne change pas la note. De l'autre, les pays du Sud ont été relevés en 2025, l'Espagne d'un cran chez les trois agences, l'Italie à Baa2 chez Moody's. La prime française monte pendant que celle du Sud descend.
Le mouvement s'est arrêté là pour l'instant. Le 28 août 2026, Fitch a confirmé le A+ de la France et sa perspective stable. Ni abaissement, ni mise sous perspective négative : une absence d'action, dans le mois même où le taux français est monté à son plus haut depuis 2008.
Ce que mesure une note, ce que mesure un marché
Une note dégradée ne signale pas une faillite proche. A+ et Aa3 restent des notes élevées, dans le haut de la catégorie dite investissement, loin des notes spéculatives. Passer de AA- à A+ dit qu'un risque jugé très faible l'est un cran moins qu'avant.
Une note et un spread ne mesurent pas la même chose. La note est une opinion révisée quelques fois par an. Le spread est un prix de marché, réévalué à chaque séance, qui intègre en temps réel l'incertitude politique, la liquidité et les flux d'acheteurs. Il réagit donc plus vite et plus fort que les notes : le marché a bougé avant les agences.
Reste un point qui explique pourquoi cet écartement se compte en dizaines de points de base plutôt qu'en centaines. Dans la réglementation bancaire européenne, une exposition sur un État de l'Union libellée dans sa propre monnaie reçoit une pondération en risque de 0 %. Une banque qui détient des OAT n'immobilise donc aucun capital en face, exactement comme pour un Bund allemand, quelle que soit la note de l'agence. Pour un régulateur, la dette française reste un actif sans risque, même après les abaissements. Cette règle soutient la demande d'OAT et amortit la prime.
Un taux de 2008, une prime de 2026
La prime a monté au cours de l'été. Du 1er juillet au 10 août 2026, sur 29 séances, elle n'a pas dépassé 76 points de base, sur les deux séries allemandes.
Le niveau de taux, lui, a un précédent bien plus ancien. Le 6 novembre 2008, la France empruntait à 4,27 % à dix ans. La série quotidienne publiée par la Banque de France commence en novembre 2004 : la comparaison s'arrête là, elle ne dit rien d'un record historique.
La coïncidence de date invite à un rapprochement qui serait faux. Novembre 2008 est un moment de crise financière aiguë, où les taux sont élevés partout. La BCE prête alors aux banques à 3,75 %, le Bund allemand rapporte 3,99 %. Sur les 4,27 points payés par la France, 3,99 sont donc du coût commun et 0,28 seulement de la prime française.
En 2026, les deux briques ont bougé en sens contraire. Le coût commun a reculé, de 3,99 % en novembre 2008 à 3,33 % au 31 août 2026. La prime française a fait l'inverse, de 0,28 à 0,78 point. La seconde série allemande donne les mêmes sens, de 0,44 à 0,75 point : le choix de la série déplace l'ampleur du retournement, jamais sa direction.
6 novembre 2008
4,27 %
31 août 2026
4,114 %
Prime française
Coût commun de la zone euro, Bund allemand
Taux français à dix ans, décomposé en coût commun de la zone euro et prime française, en points de pourcentage
Au 31 août 2026, le Bund allemand est lu sur la courbe à maturité constante à dix ans de la Deutsche Bundesbank, mesure retenue ici : sur la seconde construction allemande, les emprunts publics de neuf à dix ans de durée résiduelle, la même séance donne un Bund à 3,36 % et une prime française de 0,754 point, à 3 points de base de la première.
Sources : Banque de France (TEC 10) · Deutsche Bundesbank
Le total payé a peu bougé entre le 6 novembre 2008 et le 31 août 2026, sa formation beaucoup. En 2008, la France payait cher parce que tout le monde payait cher. En 2026, elle paie presque autant alors que l'Allemagne paie nettement moins.
Un plus haut de taux n'est pas un plus haut de prime. Au 31 août 2026, le taux français se tient à une hauteur que la série n'avait plus connue depuis 2008. La prime, elle, reste sous ses propres sommets de fin novembre 2024 et de début janvier 2025, hors les deux séances écartées des 27 et 28 août. Elle reste surtout très loin des 173 points de base de novembre 2011.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Ce qui a fait bouger le marché obligataire à partir du 11 août 2026 n'est documenté par aucune source ouverte à ce stade. Le constat porte sur la forme du mouvement, pas sur sa cause.
Une lecture reste solide sur toutes les mesures testées. Depuis le 1er juillet, la remontée du taux allemand pèse plus lourd dans la hausse française que l'écartement de la prime. Le taux payé par la France monte donc d'abord parce que le coût de l'argent monte dans toute la zone euro. La part proprement française de cette hausse existe, elle est minoritaire.
Sources
[S1] Banque de France, Indices obligataires, parution du 31 août 2026, tableau « Indices Quotidiens TEC-n », ligne TEC10. Mêmes tableau et ligne sur les parutions du 1er juillet et du 31 juillet 2026. Seconde lecture indépendante de la jambe française à ces trois dates.
[S3] Fitch Ratings, abaissement de la France de AA- à A+, perspective stable, 12 septembre 2025, repris par Euronews : reprise de presse, le site de l'agence ne servant aucun contenu récupérable.
[S4] S&P Global Ratings, abaissement de la France de AA à AA-, perspective stable, 31 mai 2024, repris par France 24 : reprise de presse.
[S5] Moody's Ratings, Moody's changes France's outlook to negative, affirms Aa3 rating, 24 octobre 2025
[S6] Deutsche Bundesbank, rendements dérivés de la structure par terme des titres fédéraux, durée résiduelle dix ans, série quotidienne BBSIS.D.I.ZAR.ZI.EUR.S1311.B.A604.R10XX.R.A.A._Z._Z.A : jambe allemande retenue pour tous les spreads de cet article, extraction du 31 août 2026, valeurs recontrôlées sans révision le 4 septembre 2026.
[S7] Banque de France, Webstat, taux de l'échéance constante à dix ans, série quotidienne FM.D.FR.EUR.FR2.BB.FRMOYTEC10.HSTA, depuis novembre 2004 : jambe française de tous les taux et spreads de cet article, extraction du 31 août 2026. Les parutions quotidiennes de la Banque de France ne remontent pas jusqu'en 2008 sur le site actuel : les valeurs de 2008 n'ont qu'une seule lecture.
[S8] Eurostat, EMU convergence criterion bond yields, série irt_lt_mcby_a, moyennes annuelles harmonisées 2020 à 2025, jeu mis à jour le 25 février 2026 : l'agrégat zone euro est à composition changeante, de onze à vingt et un pays selon l'année.
[S9] Banca d'Italia, Rendimento lordo BTP decennale benchmark, cube quotidien BMK0200 : série arrêtée au 31 juillet 2026, aucune séance d'août servie au 4 septembre 2026, ce qui date la comparaison France Italie de cet article et exclut l'Italie de sa comparaison européenne. Titre de référence et non point de courbe. Contenu du cube instable entre deux extractions d'août 2026, une séance de juin ayant disparu puis reparu. Inchangé du 27 août au 4 septembre 2026.
[S10] Banco de España, Estadísticas complementarias, table TI_1_3, segment dix ans, série quotidienne D_G0B1F0ZP : moyenne pondérée par les volumes traités, et non point de courbe.
[S11] Banco de Portugal, BPstat, obligations du Trésor à taux fixe et durée de vie résiduelle de dix ans, série 12099459 : chaîne de production comportant un maillon privé déclaré par la banque centrale.
[S12] Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Natacha Valla, Mission sur la transparence des finances publiques. Situation tendancielle des finances publiques à horizon 2030, juillet 2026, p. 22 : écarts mesurés par l'Agence France Trésor sur les titres de référence en cours d'émission, au 1er juillet 2026. Le rapport ne donne pas sa méthode de relevé. La jambe allemande qui s'en déduit n'est publiée par aucune source de premier rang.
[S13] Relèvements de l'Espagne par S&P, Moody's et Fitch, septembre 2025, repris par CNBC : reprise de presse.
[S14] Moody's Ratings, relèvement de l'Italie à Baa2, novembre 2025
[S15] EDHEC Vox, Why does France, despite its credit rating downgrade, remain a « risk-free » borrower for regulators?, 2025 : pondération prudentielle des expositions souveraines en monnaie domestique, règlement CRR et accords de Bâle.
[S16] BCE, taux des opérations principales de refinancement, série quotidienne FM.D.U2.EUR.4F.KR.MRR_FR.LEV, et calendrier des réunions du conseil des gouverneurs et du conseil général, page « Meetings of the Governing Council and the General Council », dont la page vivante ne liste que les réunions à venir : capture d'archive du 31 mai 2026 pour les réunions de l'été 2026.
[S17] Deutsche Bundesbank, rendements courants des titres publics intérieurs de plus de neuf à dix ans de durée résiduelle, série quotidienne BBSIS.D.I.UMR.RD.EUR.S13.B.A.R0910.R.A.A._Z._Z.A : seconde construction allemande, employée en contrôle de robustesse de chaque niveau de prime publié, extraction du 4 septembre 2026.
[S18] BCE, courbe des taux souverains AAA de la zone euro, taux au comptant à dix ans, série YC.B.U2.EUR.4F.G_N_A.SV_C_YM.SR_10Y : troisième lecture de la jambe allemande, employée dans la seconde note de méthode ci-dessous. Sa composition n'est pas allemande, elle ne sert jamais de jambe de spread.
[S19] Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Notation Fitch : Réaction de Roland Lescure, communiqué de presse n° 973, Paris, 28 août 2026 : le communiqué date la réaction du gouvernement, non l'action de notation elle-même. Il ne porte aucune désignation technique de la note ni aucune projection chiffrée de l'agence. Un communiqué de même titre porte la précédente confirmation Fitch, le 7 mars 2026, à ne pas confondre avec celle-ci.
[S21] Ministero dell'Economia e delle Finanze, ministère italien de l'Économie et des Finances, S&P, Giorgetti: giudizio premia serietà governo Italia, note de la rubrique « In evidenza », Rome, 11 avril 2025 : version italienne, la version anglaise du même texte portant une perspective différente.
[S22] Ministero dell'Economia e delle Finanze, ministère italien de l'Économie et des Finances, Fitch: Giorgetti, abbiamo riportato Italia sulla giusta strada, note de la rubrique « In evidenza », Rome, 20 septembre 2025 : la note date la réaction du ministre, non l'action de l'agence, rendue la veille.
[S23] S&P Global Ratings, Sovereign Ratings List, tableau des notations souveraines en vigueur, long terme en devise étrangère : accès sur inscription gratuite auprès de l'agence.
Note de méthode : ce que le choix de la jambe allemande déplace. Tous les spreads de cet article sont obtenus en retranchant à chaque taux national un taux allemand de référence. L'article retient la courbe à maturité constante à dix ans de la Bundesbank, S6, mesure qu'il déclare dès sa première section. La série de neuf à dix ans de durée résiduelle, S17, mesure la même chose autrement, sans être moins recevable. Les valeurs relevées ne sont pas en cause : les taux publiés par les banques centrales sont des relevés, identiques quelle que soit la mesure retenue. Ce qui bouge, ce sont les grandeurs calculées à partir d'eux. Un spread en est une. Trois conséquences en découlent. Les deux premières sont établies sur les 669 séances communes aux deux jambes du 2 janvier 2024 au 20 août 2026, la troisième sur la même fenêtre prolongée au 31 août 2026. Premièrement, les extrêmes de séance ne survivent pas au changement de construction. Sur la mesure retenue, le plus haut du spread français de cette fenêtre vaut 85,0 pb le 27 novembre 2024, retrouvé le 3 janvier 2025. Sur la seconde, il vaut 84,0 pb les 9 et 13 janvier 2025, le 27 novembre 2024 tombant au huitième rang à 81,0 pb. Le plus bas se tient autour de 40 à 45 pb en mars 2024 sur la mesure retenue. La seconde le place 12 pb plus bas, à 30,0 pb le 21 mars 2024. Les deux constructions s'accordent sur la période, fin novembre 2024 et début janvier 2025 pour le pic, mars 2024 pour le creux. Elles ne s'accordent pas sur la séance. Deuxièmement, l'ampleur d'une progression bouge, son sens non. Entre 2024 et 2025, la prime française moyenne se creuse de 10,3 pb sur la mesure retenue, de 60,96 à 71,23 pb, contre 15,3 pb sur la seconde, de 55,13 à 70,41 pb. Le creusement est donc plus marqué sur la construction que l'article ne retient pas. Troisièmement, cet écart de mesure est concentré dans le temps. Il atteint 12,4 pb en moyenne mensuelle en mars et en avril 2024. Sur la moyenne annuelle 2026 arrêtée au 31 août, il vaut 0,36 pb. Il ne vient pas d'un décalage régulier entre les deux séries. La médiane des écarts de séance est nulle sur les 169 séances de l'année 2026. L'écart monte à 12,0 pb le 27 août 2026 et à 13,0 pb le lendemain. Ces deux séances portent à elles seules 41 % du total. Sans elles, l'écart annuel retombe à 0,21 pb. La note de méthode suivante détaille l'épisode. Les niveaux de 2025 et de 2026 restent donc quasi insensibles au choix de la jambe allemande hors ces deux séances. Ceux du premier semestre 2024 ne le sont pas.
Note de méthode : pourquoi aucune prime n'est datée des 27 et 28 août 2026. Les deux séries allemandes divergent peu d'ordinaire. Sur les 65 séances lues trois fois du 1er juin au 28 août 2026, en ajoutant la courbe AAA de la BCE, S18, aux deux séries de la Bundesbank, l'écart entre les deux mesures du spread français vaut 0,0 point de base en médiane. Quarante-sept séances sur 65 voient les trois lectures concorder à 3 points près. Les 27 et 28 août font exception : l'écart y atteint 12,0 puis 13,0 points de base, les deux plus fortes valeurs de la période. Il naît le 27 août, où la courbe ajustée recule quand la seconde série monte, soit 9,0 points de désaccord sur la seule variation du jour, contre 4,0 points pour la deuxième séance la plus discordante. Le décrochage porte toute la courbe ajustée allemande, échéances 5 et 30 ans comprises, puis se referme le lundi 31 août sur les trois maturités à la fois. Aucune révision n'est intervenue : les séances contrôlées sont servies après le week-end à la valeur exacte publiée avant lui. Deux mesures publiées par le même producteur sont donc en désaccord. Rien ne permet de trancher de l'extérieur laquelle décrit le mieux le marché ces jours-là. Conséquence assumée : la valeur de prime la plus élevée de la fin août ne se lit que sur l'une des deux séries. Aucune phrase de cet article ne l'affirme donc, aucun superlatif ne s'appuie sur elle. La série quotidienne du taux et de la prime, elle, la trace comme toutes les séances de sa fenêtre, survol compris : le graphe donne la mesure retenue jour par jour, le texte ne retient que ce que les deux séries confirment. La séance du 31 août, elle, a reçu sa seconde lecture depuis : les deux mesures y divergent de 3,0 points de base, l'écart ordinaire des séances qui l'entourent. Les valeurs des 27 et 28 août n'ont, elles, pas été révisées. Le même décrochage réapparaît le 1er septembre 2026, hors de la fenêtre de cet article : l'épisode n'est pas clos. Le taux français, lui, n'est pas concerné : c'est un relevé publié par la Banque de France, il ne résulte d'aucune combinaison de séries, et deux sources indépendantes le donnent à la même valeur.
Correction du 19 août 2026. La version initiale mêlait deux dates et deux méthodes : un écart France Allemagne tiré du rapport de mission, un taux français relevé fin juillet sur des agrégateurs, un niveau allemand obtenu par soustraction des deux. Tout le chiffrage est désormais mesuré à maturité constante à dix ans, sur les publications des banques centrales. Le spread français passe de 81 à 72 points de base, l'italien de 79 à 74.
Mise à jour du 27 août 2026. Le compte des abaissements de la France passe de cinq à quatre : la mise sous perspective négative de Moody's, en octobre 2025, y était comptée comme un abaissement. Deux graphes sont ajoutés, la comparaison des taux de 2008 et de 2026 et la série quotidienne du taux et de la prime depuis 2024.
Mise à jour du 31 août 2026. L'article est réancré au lundi 31 août 2026, séance où le taux français atteint 4,114 %, son plus haut depuis le 6 novembre 2008. Le taux et la prime ne sont plus donnés de la même façon. Le taux est un relevé publié, il se lit à la séance. La prime est un écart calculé, elle dépend du choix de la série allemande, elle est donnée en période, et à la séance du 31 août seulement avec ses deux lectures, jamais sur les séances où les deux séries divergent. La décomposition du taux, la comparaison avec 2008 et la comparaison européenne se lisent désormais à cette date d'ancrage. L'Italie sort de cette comparaison, faute de publication de la Banca d'Italia depuis le 31 juillet 2026 : l'article ne la compare plus qu'à sa dernière date commune avec la France, le 31 juillet. Il le dit dans la phrase qui la porte. Le titre change en conséquence. L'adresse de la page ne change pas.